Édition du 18 juillet 2026 · N°01

Samedi cool · cinéma & incertitude

Spider-Man contre Avengers : qui va sauver le box-office Marvel ?

Publié le 18 juillet 2026

Marvel Studios, filiale du groupe Disney, produit depuis quinze ans les films de super-héros les plus rentables du cinéma — Avengers, Spider-Man, Iron Man et bien d'autres — tous reliés dans un même univers où les personnages se croisent d'un film à l'autre. Tom Holland incarne Spider-Man depuis 2016. Robert Downey Jr., qui jouait Iron Man jusqu'à sa mort à l'écran en 2019 dans Avengers : Endgame (le film qui avait alors battu tous les records d'entrées en salle), revient dans un nouveau rôle : le Docteur Fatalis, le grand méchant d'Avengers : Doomsday.

Spider-Man : Brand New Day sort en salles le 31 juillet. Avengers : Doomsday arrive le 17 décembre. Disney présente les deux comme les films capables de sauver son année — 2026 a déjà connu plusieurs grosses productions qui ont fait un flop, et l'action Disney a perdu 15 % en Bourse depuis janvier. Marvel cherche à retrouver la ferveur perdue depuis Endgame : trop de sorties, des séries Disney+ qui diluent l'attention, un public plus dur à surprendre. Doomsday mise sur le retour événement de Robert Downey Jr. pour recréer cet effet ; Spider-Man : Brand New Day s'appuie sur la fidélité acquise par Tom Holland depuis dix ans.

Les signaux sont contradictoires. Dans les sondages grand public, 74 % misent sur Spider-Man comme plus gros succès de l'année, contre 15 % pour Doomsday — pénalisé par une sortie si tardive qu'il n'aura que deux semaines pour engranger des recettes 2026. Mais sur Polymarket, Doomsday est donné favori à 71-75 % pour le meilleur démarrage en salles de toute l'année, déjà porté par 16 millions de dollars de billets vendus à l'avance — un niveau rare cinq mois avant la sortie.

Pourquoi trois scénarios, et pas une prédiction unique ? Parce que les deux sources disponibles se contredisent frontalement : le grand public parie sur un gagnant, les marchés financiers parient sur l'autre. Et parce que la réponse aura un effet concret : elle dira si Marvel garde encore le pouvoir de faire déplacer les foules en salle, ou si Disney doit revoir sa stratégie — avec des conséquences directes sur l'action du groupe et sur les salles qui comptent sur ces deux sorties pour boucler leur année.

Action Disney (DIS), mi-juillet ≈ 95 $ ▼ -15 % depuis janvier 2026
Précommandes Avengers: Doomsday, 5 mois avant sa sortie 16 M$ ▲ niveau inhabituel si tôt

Favorable, stable, ou dégradé — la même grille chaque semaine

Favorable
25%
Peu probable

🍿 Le doublé parfait

Les deux films cartonnent et battent des records, confirmant que le public boude les mauvais scénarios, pas les grosses franchises bien exécutées. Un tel doublé ne s'est produit qu'une fois pour Marvel, avec Infinity War (le film qui précède directement Endgame) et Endgame lui-même, en 2018-2019 — une séquence bâtie sur dix ans de mise en place narrative que Doomsday tente de reproduire, mais sans la même préparation. C'est le scénario le moins probable des trois : il suppose un alignement rare entre deux sorties très différentes.


Indicateurs touchés Action Disney : +10 à +20 % (retour vers le haut de la fourchette 52 semaines, 121 $), amplitude comparable au rebond du titre après le carton de Deadpool & Wolverine, un autre film Marvel sorti en 2024 (211 M$ d'ouverture nord-américaine). Ouverture Spider-Man : 220 à 260 M$ (dans la fourchette du précédent Holland le plus fort, No Way Home, à 260 M$). Ouverture Doomsday : 300 à 360 M$ (comparable à Endgame, 357 M$).
Concrètement en France Une fin d'année exceptionnelle pour les salles françaises, un vrai bol d'air pour les exploitants après une année globalement compliquée. → Plutôt favorable pour la France.
Stable
45%
Probable

😐 Correct, sans plus

Spider-Man performe bien mais sans battre de record, pendant que Doomsday, freiné par son calendrier tardif, engrange une bonne ouverture sans repasser devant lui au classement 2026. C'est le scénario le plus cohérent avec les signaux actuels : le vote populaire et les marchés prédictifs se contredisent, ce qui trahit un résultat mitigé plus qu'un raz-de-marée dans un sens ou dans l'autre. Plus probable que le doublé parfait, qui suppose un alignement rare, et plus probable que le double échec, que les précommandes déjà solides de Doomsday rendent peu vraisemblable.


Indicateurs touchés Action Disney : -5 à +5 % (mouvement contenu, dans la volatilité déjà observée sur le titre depuis janvier). Ouverture Spider-Man : 150 à 200 M$. Ouverture Doomsday : 200 à 250 M$ (en ligne avec Infinity War, en dessous d'Endgame).
Concrètement en France Une fin d'année dans la moyenne pour les salles françaises, ni franc succès ni déception, sans effet notable sur l'emploi du secteur. → Neutre pour la France.
Dégradé
30%
Probable

📉 La fatigue Marvel confirmée

Les deux films déçoivent, et Disney encaisse un nouveau coup dur. Ce n'est pas une hypothèse d'école : plusieurs grosses productions ont déjà chuté en 2026, dont Animal Farm, un film à gros budget sorti cette année (5 M€ de recettes pour 32 M€ investis), preuve que même une grosse machine peut se planter dans un climat de désamour progressif pour les franchises trop nombreuses. Moins probable que le scénario stable, car Spider-Man garde une base de fans fidèle et les précommandes de Doomsday sont déjà solides — un double échec net reste donc moins vraisemblable qu'un résultat mitigé, mais plus probable que le doublé parfait.


Indicateurs touchés Action Disney : -10 à -20 % (vers le bas de la fourchette 52 semaines, 92 $), amplitude comparable à la réaction du titre après la déception de Moana, une autre superproduction Disney sortie cette année, citée par les analystes. Ouverture Spider-Man : sous les 150 M$. Ouverture Doomsday : sous les 200 M$ (comparable aux sorties Marvel jugées décevantes en 2025, comme Thunderbolts, ouverture à environ 76 M$).
Concrètement en France Une fin d'année morose pour des salles qui comptaient sur ces deux sorties pour compenser une année déjà marquée par plusieurs flops, avec un risque accru pour l'emploi dans l'exploitation cinéma. → Plutôt défavorable pour la France.

Petit lexique

Marvel Studios
Le studio de cinéma, propriété de Disney, qui produit les films de super-héros comme Avengers ou Spider-Man.
Box-office
Le total des recettes générées par un film dans les salles de cinéma — l'indicateur numéro un de son succès commercial.
Action (en Bourse)
Une part du capital d'une entreprise cotée, dont le prix varie selon la confiance des investisseurs.
Polymarket
Une plateforme où les internautes parient de l'argent réel sur l'issue d'événements réels, ce qui donne une estimation de probabilité.
Docteur Fatalis
Le grand méchant d'Avengers : Doomsday, joué par Robert Downey Jr.
Franchise
Une série de films qui partagent les mêmes personnages ou univers, exploités sur plusieurs volets.