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Ubisoft, le géant français du jeu vidéo, va-t-il finir racheté ?
Publié le 25 juillet 2026
Ubisoft, c'est le studio français derrière Assassin's Creed, Far Cry ou Rainbow Six — l'un des plus gros éditeurs de jeux vidéo au monde, environ 17 000 salariés, siège à Saint-Mandé près de Paris. Tencent, l'acteur au cœur de l'actualité, est un géant chinois de la tech et du jeu vidéo, déjà actionnaire de plusieurs studios dans le monde.
Depuis un an, Ubisoft traverse sa pire crise : une perte record de 1,47 milliard d'euros, une action qui a chuté de près de 40 % en une seule journée en janvier, et une capitalisation boursière tombée à environ 680 millions d'euros — un dixième de sa valeur d'il y a quelques années. En novembre 2025, Tencent a investi 1,16 milliard d'euros pour devenir actionnaire à 25 % d'une nouvelle filiale, Vantage Studio, qui regroupe justement les plus grosses franchises du groupe.
Plusieurs plans de licenciements se sont succédé : 200 postes supprimés au siège, des studios fermés à l'étranger, 51 postes en moins à Barcelone (28 % des effectifs locaux), avec des grèves à répétition, dont trois jours de mobilisation internationale en février. Le nouvel Assassin's Creed, sorti le 9 juillet, est vu comme un test décisif : sans succès commercial franc, la pression pour trouver une solution extérieure augmente encore.
Aucun rachat total n'est officiellement sur la table : Ubisoft parle d'un partenariat, pas d'une vente. Mais avec une capitalisation aussi faible, l'entreprise est devenue une cible facile, et Tencent reste le mieux placé pour aller plus loin. Au même moment, son rival américain Electronic Arts vient d'obtenir le feu vert de l'Union européenne pour son propre rachat à 55 milliards de dollars par un fonds saoudien — la preuve que ce genre d'opération est en plein essor dans le jeu vidéo, ce qui alimente les spéculations sur le sort d'Ubisoft.
Pourquoi trois scénarios plutôt qu'une réponse tranchée ? Parce que la direction dément un rachat total tout en continuant d'ouvrir le capital de ses franchises les plus précieuses à un investisseur étranger — deux discours qui laissent la porte ouverte à des issues très différentes. Et parce que ce qui se joue dépasse la seule entreprise : l'avenir de 17 000 emplois, et la question de savoir si la France garde le contrôle d'un de ses rares champions mondiaux du jeu vidéo.
Capitalisation boursière Ubisoft, juillet 2026
≈ 680 M€ ▼ un dixième de sa valeur d'il y a quelques années
Participation Tencent dans Vantage Studio
25 % ▲ pour 1,16 Md€ investis