Lundi géopolitique international · Iran & États-Unis
Iran–États-Unis : les armes se taisent, l'accord reste à trouver
Publié le 27 juillet 2026
La question posée
❓ Après cinq mois de guerre et plusieurs cessez-le-feu rompus, les négociations en cours déboucheront-elles sur un accord durable entre l'Iran et les États-Unis, sur une trêve sous tension sans vraie paix, ou sur une nouvelle reprise des combats ?
L'Iran est une grande puissance du Moyen-Orient, adversaire des États-Unis depuis plus de quarante ans, surtout autour de son programme nucléaire : Washington et Israël redoutent que Téhéran ne se dote de la bombe atomique, ce que l'Iran a toujours nié. Autre point chaud : le détroit d'Ormuz, un passage maritime étroit entre l'Iran et le sultanat d'Oman par lequel transite près d'un cinquième du pétrole mondial — un robinet que l'Iran peut menacer de fermer.
Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes massives contre l'Iran pour détruire son programme nucléaire et militaire. Le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, aurait été tué ; son successeur Mojtaba Khamenei a pris la tête du pays début mars. En représailles, l'Iran a visé des bases américaines et fermé le détroit d'Ormuz. S'en est suivie une guerre de plusieurs mois, entrecoupée de cessez-le-feu qui n'ont jamais tenu bien longtemps.
Le 17 juin 2026, les deux camps ont signé un mémorandum d'entente en 14 points : une fenêtre de 60 jours — soit jusqu'à la mi-août — pour négocier la libre circulation à Ormuz, le programme nucléaire et les sanctions. En échange d'un passage sûr des navires, les États-Unis devaient lever leurs sanctions sur le pétrole iranien et leur blocus naval. Mais depuis, chacun accuse l'autre de ne pas tenir parole.
Après une escalade mi-juillet — près de deux semaines de frappes américaines quasi quotidiennes, des pétroliers attaqués en mer Rouge —, tout s'est brusquement calmé : autour du 25 juillet, les frappes américaines ont été suspendues pour la première fois depuis quinze jours, et des discussions menées par Oman ont repris sur la sécurité du détroit. Le prix du pétrole a aussitôt reflué, et des médiateurs proposeraient une nouvelle trêve de dix jours pour relancer l'accord.
Rien n'est joué pour autant. Le blocus naval américain reste en vigueur — Washington dit avoir dérouté douze navires depuis sa réactivation —, ce que Téhéran présente comme une violation du mémorandum. L'Iran veut instaurer un nouveau régime de passage à Ormuz, avec des péages que le sultanat d'Oman et les États-Unis jugent inacceptables. Et le nouveau pouvoir iranien a validé l'accord « malgré des réserves », sous la pression de ses lignes dures.
Ce dossier se prête à trois scénarios très différents parce que les deux camps ont autant de raisons de faire la paix — une économie iranienne exsangue, un pétrole que personne n'a intérêt à voir flamber — que de repartir au combat : cinq cessez-le-feu déjà brisés, un dossier nucléaire toujours pas réglé. La mi-août approche : d'ici là, la trêve peut se muer en accord, s'installer dans un entre-deux instable, ou voler en éclats.
Pétrole (Brent), 26 juillet 2026
≈ 90,95 $ le baril ▲ +23 % en un mois, sur fond de tensions
Part du pétrole mondial passant par le détroit d'Ormuz
≈ 20 % soit environ 20 millions de barils/jour