Mardi, sujet libre · Gaza et l'accord de désarmement
Gaza : la paix qui reste sur le papier
Publié le 4 août 2026
La question posée
❓ Après près de deux ans de guerre et au moins 73 350 morts, le Hamas a accepté le 31 juillet de rendre ses armes en échange d'un retrait israélien — mais Israël a fait savoir le 3 août avoir de « sérieuses préoccupations » et les frappes continuent : l'accord va-t-il vraiment démarrer, ou reste-t-il un accord signé sur le papier ?
Gaza est un petit territoire palestinien coincé entre Israël, l'Égypte et la mer Méditerranée, où vivaient environ 2,1 millions de personnes avant la guerre. Depuis l'attaque du Hamas — le mouvement armé qui contrôlait Gaza — contre Israël le 7 octobre 2023, le conflit a fait au moins 73 350 morts côté palestinien selon le ministère de la Santé de Gaza, un bilan direct qu'une étude indépendante publiée en février évalue en réalité au-dessus de 75 000. Un cessez-le-feu partiel est en vigueur depuis le 11 octobre 2025, mais il n'a jamais vraiment arrêté les violences : 1 222 personnes sont mortes depuis, et juillet 2026 a été le mois le plus meurtrier de l'année avec 152 morts.
Le 31 juillet, coup de théâtre : le Hamas a donné son accord de principe à un plan piloté par les États-Unis via le « Conseil de paix* » de Donald Trump. Le texte prévoit que le Hamas rende ses armes lourdes et détruise son réseau de tunnels sous 90 jours, en échange d'un retrait progressif de l'armée israélienne, du déploiement d'une force internationale de stabilisation* et du transfert de l'administration civile à un comité de technocrates palestiniens, le NCAG*. Trump a qualifié l'accord d'« historique » dès le lendemain.
Mais sur le terrain, rien ne colle encore à cet optimisme. Rien que le week-end du 1er au 3 août, les frappes israéliennes ont fait entre 17 et 25 morts selon les sources — les bilans varient selon les médias et l'heure exacte du décompte. Le 3 août, Israël a formellement fait savoir aux médiateurs qu'il avait de « sérieuses préoccupations sécuritaires » : ses services de renseignement estiment que le Hamas continue de se réarmer et de recruter malgré l'accord, et Israël refuse que le Qatar et la Turquie vérifient les étapes du désarmement. Le lendemain, ces deux pays et l'Égypte, médiateurs du dossier, ont publié une déclaration commune dénonçant des « violations israéliennes continues », notamment le ciblage d'infrastructures médicales.
Sur le terrain, l'accord reste largement virtuel. Le Hamas a dissous début juillet son administration de fait pour préparer la passation, et le comité NCAG existe depuis janvier — mais Israël ne l'a toujours pas autorisé à entrer à Gaza : ses membres attendent au Caire. Côté force internationale, cinq pays (Indonésie, Maroc, Kazakhstan, Kosovo, Albanie) ont promis des troupes pour un objectif final de 20 000 soldats, mais le cabinet israélien n'en a validé que 200 pour l'instant. En Israël même, le ministre d'extrême droite Itamar Ben Gvir juge l'accord « inacceptable », signe que Netanyahou doit aussi composer avec sa propre majorité.
Ce qui rend la suite incertaine, c'est ce blocage en chaîne : le Hamas ne veut désarmer qu'après avoir vu Israël se retirer, Israël ne veut se retirer qu'après avoir vu le Hamas désarmer, et chaque camp accuse l'autre de ne pas respecter sa part. Trois dynamiques vont trancher la suite : la réponse officielle d'Israël au texte, le calendrier commun que les médiateurs tentent de boucler « sous deux semaines », et la capacité des deux camps à tenir leurs engagements sans nouvel incident majeur.
Ce qu'on évalue
Est-ce que le désarmement du Hamas et le retrait israélien vont vraiment démarrer dans les prochaines semaines, rester bloqués sur le papier sans que rien n'avance ni ne s'effondre, ou l'accord va-t-il purement et simplement voler en éclats avec une reprise des combats à grande échelle ?
Bilan humain de la guerre
73 350+ morts ▲ jusqu'à 75 000+ selon une estimation indépendante
Force internationale déployée
200 / 20 000 soldats visés ▲ déploiement encore symbolique