Chaque jour, un sujet qui compte, décortiqué en trois scénarios chiffrés, avec une probabilité pour chacun. Jamais figée : elle évolue si la situation change.
Après le passage à 48 équipes en 2026, la FIFA étudie un doublement à 64 équipes pour le Mondial 2030 du centenaire — une ouverture maîtrisée du foot mondial, ou un pari qui dilue la compétition et fracture ses propres confédérations* ?
La Coupe du monde vient à peine de changer d'échelle. En 2026, elle est passée pour la première fois de 32 à 48 équipes, un format que Gianni Infantino, président de la FIFA, qualifie déjà de « franc succès ». Mais à peine ce cap franchi, un nouveau projet agite le foot mondial : doubler encore la mise pour 2030, année du centenaire du premier Mondial (Uruguay, 1930), en passant à 64 équipes. L'idée vient d'Amérique du Sud : proposée dès mars 2025 par le président de la fédération uruguayenne, elle a été reprise officiellement par Alejandro Domínguez, président de la CONMEBOL*, la confédération sud-américaine.
Le processus est désormais engagé, mais rien n'est tranché. Le 31 juillet 2026, la FIFA a annoncé vouloir mandater une agence indépendante pour étudier l'impact d'un tel doublement : équilibre sportif, processus de qualification, santé des joueurs, calendrier et recettes (billetterie, sponsors, droits télé). L'agence devait être choisie le 14 août ; ses conclusions sont attendues le 11 septembre 2026. C'est ensuite au Conseil de la FIFA* — pas Gianni Infantino seul — de valider ou non un changement de format.
Sur ce dossier, pourtant, la FIFA est presque seule à pousser.
Qui pousse, qui freine : six acteurs, un seul favorable
1CONMEBOL — à l'origine du projetPorté par son président Alejandro Domínguez, avec le soutien des fédérations argentine, paraguayenne et uruguayenne, pour marquer les 100 ans du premier Mondial.
2UEFA — opposéeSon président Aleksander Ceferin qualifie le projet de « mauvaise idée », qui bouleverserait des calendriers déjà fixés jusqu'en 2030.
3AFC (Asie) — opposéeSon président Salman Al Khalifa s'interroge sur la limite d'un tel élargissement, sans y être favorable.
4CONCACAF — réservéeSon président Victor Montagliani a publiquement exprimé ses doutes sur le projet.
5Espagne, Portugal, Maroc — opposésLes trois pays hôtes de 2030 ont candidaté pour un format à 48 équipes et ne veulent pas d'un changement de dernière minute.
6FIFA — en position d'arbitreGianni Infantino dit vouloir laisser « toutes les nations rêver » du Mondial, mais attend les conclusions de l'agence indépendante avant de trancher.
Sur les six acteurs qui comptent dans ce dossier, un seul pousse ouvertement pour les 64 équipes — les cinq autres freinent ou attendent l'étude d'impact avant de se prononcer.
Ce rapport de force pèse déjà lourd, avant même que l'étude ne rende ses conclusions. Et le sujet n'est pas anodin en volume : passer de 48 à 64 équipes ferait grimper la phase finale* de 104 à 128 matchs — soit près d'un quart de rencontres en plus à caser dans un calendrier international déjà jugé saturé par les syndicats de joueurs. Le dossier tombe d'ailleurs au pire moment pour Gianni Infantino, en pleine crise de gouvernance sur sa propre succession à la tête de la FIFA — un feuilleton qu'on suit déjà de près, voir notre page de suivi sur la crise autour d'Infantino.
Comprendre
Le vrai match ne se joue pas sur le chiffre 64, mais sur la manière dont il serait décidé.
Deux des trois scénarios de cette édition aboutissent exactement au même chiffre — 64 équipes, 128 matchs — sans que ça change quoi que ce soit pour un supporter qui ne regarde que le tableau final. Ce qui change, c'est la méthode : un format négocié avec de vraies garanties pour l'UEFA et l'AFC n'a rien à voir, pour un joueur ou pour un calendrier de club, avec le même format imposé sans elles.
Voilà pourquoi ce sujet se prête à trois scénarios chiffrés : soit la FIFA négocie un format à 64 équipes avec de vraies garanties pour les confédérations réticentes ; soit elle range le projet après l'étude et s'en tient à 48 équipes ; soit elle l'impose malgré l'opposition, au risque d'une fracture durable entre confédérations.
Nombre d'équipes qualifiées pour la phase finale48 ▲ format inédit depuis 2026, doublement à l'étude pour 2030
Nombre de matchs de la phase finale104 ▲ contre 64 matchs avec l'ancien format à 32 équipes
Favorable, stable ou dégradé
Le Mondial 2030 ira-t-il à 64 équipes ?
Ce qu'on évalue
Est-ce que la FIFA valide un format à 64 équipes bien négocié, avec l'accord des confédérations et sans perte de qualité ? Est-ce que le projet des 64 équipes est simplement abandonné, la Coupe du monde 2030 restant à 48 comme aujourd'hui ? Ou est-ce que la FIFA impose 64 équipes malgré l'opposition, au risque d'un calendrier saturé et d'une fracture entre confédérations ?
Favorable
20%
Peu probable
Un compromis à 64 équipes
Après les conclusions de l'agence indépendante attendues le 11 septembre, le Conseil de la FIFA négocie une version aménagée du format à 64 équipes : qualifications redessinées pour préserver l'équilibre sportif, calendrier resserré pour ménager les joueurs, et garanties explicites obtenues par l'UEFA et l'AFC avant tout vote. La phase finale passe de 104 à 128 matchs, mais sans les craintes de dilution ou de calendrier saturé formulées jusqu'ici par les opposants.
C'est le scénario le moins probable des trois : il suppose que la FIFA obtienne un vrai accord des confédérations qui s'opposent aujourd'hui frontalement au projet, une conversion bien plus incertaine qu'un simple abandon (le stable) ou qu'un passage en force sans concession (le dégradé).
Indicateurs touchés
Nombre d'équipes qualifiées64↑(vs 48, référence 2026)
Nombre de matchs de la phase finale128↑(vs 104, référence 2026)
Même chiffre que le scénario dégradé ci-dessous — c'est la méthode qui les distingue, pas le format final (voir « Comprendre » plus haut).
Concrètement en France
Un format à 64 équipes négocié avec l'UEFA protégerait directement la France : calendrier de qualification préservé pour l'équipe de France, et Ligue 1 épargnée par un calendrier international qui déborderait sur la saison des clubs. ↑ Plutôt favorable pour la France.
Stable
45%
Probable
Le 48 reste la norme
L'agence indépendante choisie le 14 août rend ses conclusions le 11 septembre, et elles pèsent contre l'expansion : risque de dilution sportive, calendrier déjà saturé, complexité logistique. Face à l'opposition déjà frontale de l'UEFA, de l'AFC, de la CONCACAF et des trois pays hôtes eux-mêmes (Espagne, Portugal, Maroc, qui ont candidaté pour un format à 48), le Conseil de la FIFA range le projet des 64 équipes. La Coupe du monde 2030 reste à 48 équipes et 104 matchs, comme en 2026 ; le centenaire se célèbre par les matchs symboliques déjà prévus en Uruguay, en Argentine et au Paraguay, sans toucher au format sportif.
C'est le scénario le plus probable des trois : il ne demande aucun geste supplémentaire de la FIFA, seulement la poursuite d'un rapport de force déjà entièrement défavorable au projet. Plus probable que le favorable, qui suppose un revirement complet des opposants ; plus probable aussi que le dégradé, qui suppose au contraire un passage en force malgré une opposition unanime des confédérations et des pays hôtes.
Indicateurs touchés
Nombre d'équipes qualifiées48→(vs 48, référence 2026)
Nombre de matchs de la phase finale104→(vs 104, référence 2026)
Concrètement en France
Rien ne change pour la France : la Fédération française de football garde le calendrier déjà prévu, sans risque de collision avec la saison de Ligue 1 ni de surcharge pour les joueurs français les plus sollicités. ↑ Plutôt favorable pour la France.
Dégradé
35%
Probable
64 équipes envers et contre tous
Malgré l'opposition, la FIFA va au bout : le Conseil valide le format à 64 équipes pour 2030, porté par le poids commercial de la CONMEBOL et la même logique d'expansion déjà suivie pour le passage à 48 équipes en 2026. Sans les garanties réclamées par les opposants, le calendrier déjà saturé du football européen se tend encore, la valeur des qualifications continentales recule avec davantage de places offertes à chaque zone, et les 128 matchs de la phase finale épuisent des joueurs déjà sursollicités. L'UEFA, l'AFC et la CONCACAF, qui s'opposent toutes les trois au projet, se retrouvent en porte-à-faux vis-à-vis de leurs propres fédérations membres.
Ce scénario reste moins probable que le stable, car il suppose que la FIFA ignore purement et simplement une opposition déjà exprimée par trois confédérations sur six et par les trois pays hôtes eux-mêmes — un passage en force plus coûteux politiquement, pour Gianni Infantino, que l'abandon discret du stable. Il reste toutefois plus probable que le favorable : rien dans l'historique récent de la FIFA ne suggère qu'elle négocierait de vraies garanties avant de trancher.
Indicateurs touchés
Nombre d'équipes qualifiées64↑(vs 48, référence 2026)
Nombre de matchs de la phase finale128↑(vs 104, référence 2026)
Même chiffre que le scénario favorable ci-dessus — c'est la méthode qui les distingue, pas le format final (voir « Comprendre » plus haut).
Concrètement en France
La France est en première ligne : ses clubs de Ligue 1 verraient leurs internationaux mobilisés plus souvent et plus longtemps sur un calendrier déjà jugé intenable par les syndicats de joueurs, et l'UEFA — dont la France est l'un des membres les plus influents — sortirait affaiblie d'un bras de fer perdu face à la FIFA. ↓ Plutôt défavorable pour la France.
La FIFA peut-elle transformer la Coupe du monde 2030 du centenaire en un tournoi à 64 équipes, sans briser l'équilibre du football mondial ?
Après le passage historique à 48 équipes en 2026, une agence indépendante choisie le 14 août doit rendre son verdict le 11 septembre sur un possible doublement à 64 équipes pour 2030 — un projet porté par la CONMEBOL pour le centenaire du Mondial, mais combattu par l'UEFA, l'AFC, la CONCACAF et les trois pays hôtes eux-mêmes (Espagne, Portugal, Maroc).
Le scénario le plus probable (45 %) : la FIFA range le projet après l'étude et s'en tient au format à 48 équipes et 104 matchs déjà annoncé pour 2030, sans nouvelle crise de gouvernance.
Signal à surveiller : les conclusions de l'agence indépendante attendues le 11 septembre 2026, puis la position que prendra le Conseil de la FIFA dans les semaines suivantes.
Léger positif
Notre évaluation de l'impact pour la France : léger positif. Les deux scénarios les plus probables (65 % à eux deux, favorable et stable) laissent le calendrier français intact, voire mieux protégé si un compromis négocié avec l'UEFA voit le jour. Seul le dégradé (35 %), le plus contesté des trois, ferait basculer la balance : un format à 64 équipes imposé sans garanties pèserait directement sur le calendrier des clubs français et affaiblirait l'UEFA, dont la France est un membre influent.
La confédération qui regroupe les fédérations de football d'Amérique du Sud — à l'origine du projet de Mondial à 64 équipes pour 2030.
Conseil de la FIFA
L'organe exécutif de la FIFA, une trentaine de membres représentant les confédérations, qui doit approuver tout changement de format d'une Coupe du monde.
Confédération (football)
Une des six organisations continentales qui regroupent les fédérations nationales de football (comme l'UEFA en Europe ou l'AFC en Asie) et qui votent ensemble au sein de la FIFA.
Phase finale
La compétition proprement dite, une fois les qualifications terminées : les équipes qui se disputent le trophée sur le terrain, par opposition aux matchs de qualification qui y mènent.
Chaque jour, un sondage sur notre canal Telegram : vote pour le scénario que tu juges le plus probable avant même de découvrir les vraies probabilités ci-dessus.